Le monologue intérieur et ses différentes formes
Si vous avez entrepris d’écrire le récit de votre vie, vous avez probablement réfléchi, à un moment ou un autre, à la façon de mettre vos pensées en mots. Comment faire parler votre petite voix intérieure ? C’est ce qu’on appelle le monologue intérieur et il peut prendre différentes formes.
Ostende, le 5 décembre 2025
Mais qu’est-ce qu’un monologue intérieur, au fond ?
Le monologue intérieur est une technique littéraire qui permet de faire ‘entendre’ les pensées d’un personnage, souvent de manière intime et immédiate. C’est comme ouvrir la fenêtre de son esprit et laisser le lecteur entrer dans ses réflexions, émotions, souvenirs ou associations d’idées.
Il peut donner l’impression qu’on écoute le personnage penser à voix haute, sans filtre, et parfois sans logique apparente, car les pensées suivent leur propre cours.
Quelles formes le monologue intérieur peut-il prendre ?
On peut distinguer plusieurs formes, selon le degré de liberté, de ponctuation et d’intimité. Dans un monologue intérieur classique, le narrateur raconte à la troisième personne ce que pense le personnage, en mêlant narration et pensée. Par exemple :
« Elle se demanda ce qu’il fallait faire. Pourquoi ne venait-il pas ? Et puis, peut-être valait-il mieux ainsi… Oui, peut-être mieux ainsi. » (Flaubert, dans Madame Bovary)
On trouve également dans cette œuvre de beaux exemples de monologues intérieurs dialogués car Emma Bovary se parle à elle-même, elle se pose des questions, se répond ou argumente intérieurement. En réfléchissant à sa vie et à ses désirs, elle fait de nombreuses digressions intérieures presque théâtrales.
Dans un monologue intérieur plus direct, on entend les pensées exactes du personnage, souvent à la première personne, sans narration. Par exemple :
« C’est pas comme un bijou mais ça se porte aussi, un secret. Du moins, lui, c’était marqué sur le front qu’il portait une histoire qu’il n’a jamais dite. Ou bien, s’il l’a dite, c’est à mi‑teinte à travers des formules à lui, tout en mystères quand pour seule vérité il a laissé, griffonné dans sa chambre, sur un post‑it, un bout de phrase écrit au stylo à bille noir mais dont l’encre était complètement foutue. Il aura fallu qu’il appuie méchamment tant elle lui tenait au cœur, sa phrase. » (Laurent Mauvignier, dans Loin d’eux)
Parfois aussi, le monologue intérieur peut prendre la forme d’un « flux de conscience » et devient alors beaucoup plus libre, souvent sans ponctuation ou avec des enchaînements rapides pour reproduire le cours naturel de la pensée. Par exemple :
« Je ne peux pas tout écouter, je sers. Je fais attention à ce que je fais. Je glisse le bras vers l’avant, demi‑tour souple sur les genoux, tout le poids du corps vers l’aval de la table. Je sers, je fais attention. Je ferai disparaître les mauvais souvenirs. Je chantonne pour oublier que je dois oublier quelque chose, le grip de ma semelle de crêpe striée adhère au parquet glissant.
Je suis expérimenté, j’ai un moral d’acier, je fais un sans‑faute, je ne ferai pas tomber le plat.
(…) Je ne ferai pas tomber le plat. Plus que trois personnes à servir, personne entend ma chanson. Je chante très doucement entre mes dents, je souris minusculement, je suis une machine sans erreur. » (Olivier Cadiot, dans Le Colonel des Zouaves)
Comme vous le voyez, on peut beaucoup s’amuser avec le monologue intérieur et l’utiliser de manière originale pour faire voyager le lecteur à votre guise au fil de vos pensées.
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Avant de prendre la plume, quelques réponses pour vous guider
Faut-il avoir déjà écrit auparavant ?
Non, l’atelier d’écriture est ouvert à toutes et tous. L’atelier ne requiert aucune expérience préalable en écriture : il accueille aussi bien les personnes qui n’ont jamais rédigé que celles qui ont déjà une pratique régulière. L’ambiance se veut inclusive et bienveillante, favorisant la découverte et le plaisir d’écrire sans pression. Chacun peut avancer à son rythme et s’enrichir des échanges au sein du groupe.
Dois-je apporter du matériel spécifique ?
Aucun équipement particulier n’est demandé pour participer à l’atelier : un simple carnet et un stylo (ou un ordinateur) permettent de prendre des notes, d’écrire ses textes et de garder une trace des idées échangées.
Combien de personnes participent à une séance ?
Selon le type d’atelier, les groupes se composent de 5 à 10 participants par séance.
Pour en savoir plus, consulter la page les ateliers d’écriture.
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